Nous prenons le petit déjeuner dans la salle à manger de l'hôtel, mais contrairement à ce qu'on pourrait attendre d'un hôtel 3 étoiles n'importe où en Europe, il n'y a pas de buffet "petit déjeuner continental" : il faut commander à la carte, et celle-ci est intégralement en roumain. Après réflexion et choix hasardeux, nous nous retrouvons avec des œufs au plat, des tartines, de la confiture et du thé. Sans buffet et en roumain, on aurait pu faire pire.
Première étape de la journée : l'office du tourisme. Nous y trouvons une carte de la ville et du delta, les informations sur notre futur périple dans la réserve et une compagne de voyage. En effet, une jeune française étudiante à Cluj est à l'office du tourisme en même temps que nous. Elle voyage seule dans le coin, nous discutons un instant.
Nous la retrouvons un moment après au bureau de la Réserve du Danube. Nous y faisons la queue afin d'acheter le permis d'accès à la réserve, apparemment obligatoire.
Au bout d'une demi-heure, nous voici au guichet. On nous annonce qu'il faut d'abord payer le permis (à un autre guichet, sinon c'est trop simple), puis revenir ici pour recevoir la carte. Le tout en roumain. Heureusement que "notre" étudiante est là pour assurer la traduction. Déjà que l'administration et ses détours, c'est parfois abscons, alors l'administration roumaine...
Un gars qui a aussi affaire à ce deuxième guichet nous y guide, communiquant en italien. Ça se trouve tout à fait ailleurs : il faut rentrer par une autre porte qui donne sur une petite rue, puis emprunter un couloir étroit. On n'aurait jamais eu l'idée de chercher un guichet là. D'ailleurs, il n'est indiqué nulle part.
Nous payons notre permis d'accès, puis retour au guichet n°1. Heureusement, la guichetière nous épargne une deuxième demi-heure de queue et nous donne le sésame tant attendu. Le tout nous a pris 45 min : ce n'était même pas la peine d'essayer de se procurer ce truc hier soir...
Étape suivante : le bateau. Au hasard, nous montons sur un ponton où sont amarrées les navettes pour Sulina. Un marinier nous renseigne : il faut acheter les billets à la gare fluviale. L'étudiante française s'y trouve déjà. Nous la retrouverons à nouveau l'après-midi, sur le bateau.
Cette fois, nous avons tous les papiers nécessaires à notre excursion. Nous avons juste le temps de pique-niquer, puis nous embarquons.
Il nous faudra 3 heures pour atteindre Sulina, en empruntant le Danube puis sur un de ses bras canalisé, entre les arbres, les roseaux et les cabanes de pêcheurs. C'est beau, dommage que le Danube soit si sale...
En arrivant à Sulina avec nos gros sacs, nous sommes immédiatement repérés par un gars qui nous propose (en anglais puis français) une chambre à louer, puis un tour en bateau. Rien ne nous intéresse pour l'instant, mais il nous laisse son numéro de portable, au cas où nous changerions d'avis. Comme nous cherchons un endroit où camper, il nous conseille la plage.
En chemin, nous passons à côté d'un genre de mare où nous observons de nombreux oiseaux (Bécasseaux minute et cocorli, Chevalier sylvain, Petit Gravelot... et Bergeronnette citrine !). Un peu plus loin, apparaît devant nous... la Mer Noire ! La plage n'est pas très propre, l'eau non plus ; même faire trempette ne me tente pas. L'eau est pourtant assez claire sur le rivage.
Nous parcourons le marais en arrière de la plage à la recherche d'un coin discret où planter la tente quand Antoine est attiré par un chant bizarre : nous découvrons bientôt une Rousserole turdoïde qui chante dans les roseaux. Nous restons un moment à l'observer et à l'écouter.
Nous trouvons enfin un coin pour camper, au bord d'un canal qui traverse la plage. Avec les roseaux en face (Rossignol progné, Fauvette babillarde...), la lune qui éclaire la mer juste à côté et le clapotis de l'eau, c'est l'endroit rêvé où passer la nuit. Mais il fait très chaud dans ces marais, et les moustiques attaquent. Dès le repas (pâtes-caşcaval-saucisson) avalé, nous nous enfermons dans la tente.
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