Nous rangeons les sacs, et c'est parti. A Campeni, nous trouvons des croissants fourrés à grignoter en guise de petit déjeuner et de la nourriture supplémentaire, mais toujours pas de carte des Apuseni : "Ça n'existe pas" nous répond-on. Au passage, Antoine, qui m'attend avec les sacs devant un magasin d'alimentation, se fait soutirer des granys par 2 gamins pilotés par une vieille rom qui avait bien compris que cet étranger n'était pas tout seul et que de la nourriture allait bientôt sortir du magasin... Cela nous confirme que les Roumains et les Roms sont bien deux populations différentes.
A la gare routière, nous cherchons un bus pour nous emmener un peu plus loin dans les Apuseni. Un gars propose de nous conduire. On ne saura jamais si c'était réellement un taxi, sans doute pas. Nous montons dans une vieille Dacia 1300 inspirée de la R12, avec un auto-radio qui ne fonctionne que quand on lui tape dessus : le gag !
Notre chauffeur conduit moitié à gauche et pas doucement, double charrettes et camions dans les virages, se retrouve face à un autre camion, etc. On n'est pas attachés, pourquoi faire ? Pour autant, il n'y a pas de raison de s'inquiéter puisque les images pieuses ornent le tableau de bord. Aucune voiture ne circulant moitié vide, un troisième passager voyage avec nous. Il tente de discuter avec Antoine dans une langue ignorée de nous, mélange de roumain, d'anglais, d'allemand, de français.Ils ont l'air d'arriver à se comprendre...
Une fois à Albac, nous cherchons encore une carte et finissons par en trouver une... affichée au mur ! A part ça, dans les magasins, le refrain est le même :"ça n'existe pas". Heureusement qu'Albac est indiqué partout comme un "centre touristique", sinon on ne le croirait pas. Nous partons donc pour 2 jours de randonnée en montagne, dans une région inconnue, sans carte.
Au premier virage de la route forestière choisie, nous tournons à gauche, puis le chemin disparait et nous continuons quelques heures à travers les bois et par-dessus les barrières. Plus loin, nous retrouvons un chemin. Nous en profitons pour manger et observer nos premiers oiseaux intéressants.
Le chemin se fait la malle peu après... Finalement, nous atterrissons dans une cour de ferme. Deuxième rencontre avec les locaux : "Andrea ! ... inglesa!" Nous nous trouvons rapidement entourés par toute la tribu et l'unique anglophone du coin, une fille de 16-17 ans, nous mène un peu à l'écart pour nous montrer notre chemin : "pour aller dans la vallée (où nous supposons qu'il y a une route), il faut descendre". Le sentier nous mène effectivement à la route et de là, à Horea.
Nous y faisons une petite pause près de la rivière (absolument dégoûtante tellement elle charrie de saletés), ce qui nous permet d'observer un grimpereau des bois,un cincle plongeur et une bergeronnette des ruisseaux. Peu après, un panneau indique un chemin balisé à gauche. Nous l'empruntons sans hésiter et sans savoir où il va. Il monte dans les bois, entre les charrettes et les maisons de bois, les chevaux, les cochons, les vaches, etc. Dans les champs, nous voyons partout des gens qui labourent avec une charrue tirée par un cheval. C'est surprenant, au début. Plus on monte, plus on trouve d'oiseaux : Mésange noire, Pipit des arbres, Hirondelle rustique... et même Mésange lugubre !
Nos sacs sont lourds, aussi sommes-nous plutôt contents de les déposer enfin sur une minuscule plateforme dans les bois, à flanc de montagne. Nous dînons avec les nouilles achetées à Cluj et sommes en train de ranger le repas lorsqu'un gars nous interpelle depuis le chemin en contrebas, qu'on croyait désert : "No ! no !"Antoine descend parlementer avec lui et il accepte finalement de nous laisser dormir ici : il s'agissait sûrement, d'après ce que nous comprenons, de ne pas faire de feu.
Avant de rentrer dans la tente pour la nuit, nous déposons nos sacs loin du campement, puis le sac de nourriture encore plus loin, à cause des ours qui vivent peut-être dans le coin.
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