Peu avant de quitter l'hôtel, nous demandons un taxi à la réception car nous voulons prendre le car de 7h45 pour Galaţi. Une fois à la gare des cars ("autogara" en roumain), un gars nous demande où nous voulons aller et nous indique notre bus. Parfait. La serviabilité des Roumains nous surprend toujours, nous craignons qu'ils ne demandent quelque chose en échange, comme c'est souvent le cas en Afrique du Nord. Mais non, pas du tout, leurs renseignements sont visiblement gratuits.
Nous embarquons donc les sacs, et c'est parti. Après la journée de train, une journée de bus se profile. Notre véhicule est un minibus, comme beaucoup d'autres véhicules de cette autogara : 20 sièges toujours occupés malgré les montées et les descentes des passagers. Il ne vaut mieux pas arriver juste avant le départ du bus, on risquerait fort de ne plus avoir de place. Les trajets, horaires et quais des bus sont bien indiqués, d'une manière générale.
Nous traversons Ploieşti,Buzau, Brăila, et atteignons enfin Galaţi en milieu de journée.
Nous traversons Ploieşti,Buzau, Brăila, et atteignons enfin Galaţi en milieu de journée.
En réalité, notre minibus nous dépose dans la proche banlieue de Galaţi, un peu au sud de la ville, et en-dehors de toute gare routière ou ferroviaire. Nous ne savons pas où nous sommes (ça devient une habitude), et trouvons la gare fluviale et le bac sur le Danube un peu par hasard, en nous fiant au sens de l'orientation d'Antoine ("le Danube doit être par là, en bas de la pente").
Nous pique-niquons au bord du fleuve : il y a une micro-épicerie et des cabanes qui proposent de quoi grignoter.
Il s'agit maintenant de rejoindre la gare routière, la vraie, afin de trouver un bus pour Tulcea, la ville qui constitue en quelque sorte l'entrée du delta. Nous sautons dans un taxi qui guette les passagers à l'arrivée du bac, direction l'autogara.
En cours de route, le chauffeur nous demande "quelle autogara ?" (en roumain). Ben, celle où le bus part pour Tulcea ! "Nu, nu !" Nu quoi ? Il n'y a pas de bus pour Tulcea ici, répond-il, il faut d'abord prendre le bac ! Ah. Zut. Bon, ben, on fait demi-tour alors... Notre erreur nous coûte 20 RON, soit le tarif aller-retour pour le centre-ville de Galaţi, et l'impression désagréable de nous être fait avoir comme il faut.
Nous traversons donc le Danube en bac. Et trouvons un car pour Tulcea de l'autre côté ! Cette fois-ci, et à notre décharge, les directions et les moyens de transport n'étaient pas très bien indiqués. Indiqués en roumain, quoi.
A Galaţi, le Danube est assez large, et aussi sale que toutes les rivières longées et traversées depuis le début du voyage. Tout comme les sentiers, d'ailleurs : quand nous étions au fin fond des forêts, dans les Apuseni, à l'écart de tous les chemins, il y avait toujours une cannette de bière écrasée pour nous rappeler la civilisation. Alors, sur le Danube, c'est la même chose multipliée par 100 : bouteilles diverses, détritus, plastique, etc. Ca flotte, ça s'accumule le long des berges et ça gâche franchement le paysage.
A Galaţi, le Danube est assez large, et aussi sale que toutes les rivières longées et traversées depuis le début du voyage. Tout comme les sentiers, d'ailleurs : quand nous étions au fin fond des forêts, dans les Apuseni, à l'écart de tous les chemins, il y avait toujours une cannette de bière écrasée pour nous rappeler la civilisation. Alors, sur le Danube, c'est la même chose multipliée par 100 : bouteilles diverses, détritus, plastique, etc. Ca flotte, ça s'accumule le long des berges et ça gâche franchement le paysage.
Un peu plus d'une heure plus tard, nous débarquons à l'autogara de Tulcea. L'idéal serait de prendre tout de suite un bateau pour aller à Sulina. Ou ailleurs, mais en tout cas carrément dans le delta.
Une affiche indique qu'il faut être en possession d'une autorisation pour se rendre dans le delta, car c'est une réserve naturelle. Malheureusement, l'administration qui délivre les autorisations est fermée, l'office du tourisme aussi et il n'y a aucun bateau pour Sulina avant demain, 13h30. Autre problème que nous constatons en Roumanie : les horaires de fermeture des bâtiments publics. Il est très difficile de trouver quoi que ce soit d'ouvert après 16h00. Ce qui n'est pas du tout pratique quand on voyage et qu'on passe le plus grande partie de la journée dans les transports.
Nous voilà donc coincés à Tulcea. Nous trouvons un hôtel, 3 étoiles parmi les nombreux 3 étoiles de la ville. Pas sûr qu'il y ait le standing inférieur dans cette ville. Nous supposons que viennent ici des pêcheurs fortunés attirés par la faune du delta. Il y a d'ailleurs plusieurs magasins d'articles de pêche et de sports nautiques. C'est dans l'un d'eux qu'Antoine achète une superbe casquette camouflage (pas de choix), indispensable (la casquette, pas le camouflage) sous ce soleil de plomb.
La fin de la journée est consacrée à la recherche des horaires et des informations nécessaires pour demain. En chemin, nous nous faisons interpeler par des sortes de rabatteurs : "Hello guys ! Do you want to do a trip tomorrow ?" Ils travaillent pour des compagnies de tourisme qui proposent des excursions dans le delta. Mais cela ne nous intéresse pas, nous voulons simplement aller là-bas, pas y faire une boucle en bateau.
Nous traînons sur les quais avant de dîner. Au menu, soupe de poisson (c'est à dire un poisson, avec les arêtes, presque les écailles, dans le bouillon) et un étonnant plat de viandes variées et de caşcaval superposés. Aussi goûtu que la soupe est mauvaise, mais vraiment très copieux.
Nous rentrons à l'hôtel juste à temps pour assister au fameux et tant attendu débat présidentiel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Pendant un moment, nous nous croirions presque de retour en France...
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