Nous récupérons les sacs et plions la tente, le petit déjeuner est expédié, puis nous repartons dans la forêt avec nos gourdes presque vides. Il nous faut trouver rapidement un moyen de les remplir. Nous croisons des ruisseaux mais sommes méfiants car des troupeaux paissent sans doute dans le coin. La soif devenant la plus forte, nous buvons quelques gorgées à un ruisseau dont l'eau semble filtrée par la terre et les feuilles mortes.
Nous croisons des voitures de Roumains endimanchés qui descendent dans la vallée.Peut-être à la messe, car nous sommes dimanche. Plus loin, nous nous faisons dépasser par une charrette "deux chevaux" lourdement chargée. Quand elle s'arrête, un des hommes nous aborde. Antoine lui demande si nous sommes bien sur le chemin pour Gărda ("Da da !"), puis si on peut trouver de l'eau dans le secteur. Pas de problème, répond-il, il y a des sources partout. Effectivement, de l'eau ruisselle quelques mètres plus loin. Nous remplissons une demi-bouteille, persuadés de trouver d'autre eau plus accessible un peu plus loin. Mais en fait de source, c'était la seule du sentier, et la demi-bouteille est très vite vidée.
Un peu plus loin, le sentier débouche dans un village dans la montagne. Nous nous asseyons près d'une petite église. Un couple de personnes âgées en sort, la dame en foulard, l'homme en chapeau, et ils nous font un brin de conversation en roumain. Nous ne nous comprenons pas grand-chose, mais c'est sympathique.
Le chemin se poursuit, à nouveau dans des bois puis jusqu'à une cour de ferme.Nous traversons des prés et rattrapons un autre chemin à hauteur d'un abreuvoir. L'eau semble limpide à la sortie du tuyau, nous remplissons donc les deux bouteilles, cette fois, en nous promettant de la faire bouillir. On ne sait jamais.
Nous pique-niquons au bord du chemin un peu plus loin. Un accident de réchaud fait renverser une partie de l'eau qui bouillait. Heureusement, il nous en reste assez pour le début de l'après-midi et la cuissons des pâtes. Eh oui, encore des pâtes ! C'est notre menu invariable depuis le début de la rando : pâtes plates sans sel, fromage (caşcaval), saucisson. Pas mauvais, du moins au début. Finalement, Antoine trouve bien dommage de faire chauffer et boire tiède (à cause de la chaleur) cette bonne eau puisée fraiche, et on n'a eu aucun problème à la boire directement à la source.
L'après-midi,ce n'est plus l'eau qui nous préoccupe, mais le chemin. De chemin large, dit"à charrette", il devient souvent chemin piéton, puis sentier, et ensuite, pffiouf ! Plus rien. Nous nous retrouvons alors en plein bois, ou en plein champ, ou, cas le plus fréquent, dans une cour de ferme. Là, nous trouvons généralement quelqu'un qui nous indique une direction approximative.
Aujourd'hui,nous cherchons celle de Gărda. Une vieille dame qui jardine avec bottes,collants, pulls et foulard nous renseigne. Mais Gărda, c'est loin, très loin. Elle nous fait passer à travers son potager pour rejoindre un petit chemin qui descend. De là, nous atterrissons dans un pré où nous rencontrons un vieux monsieur à qui redemander la route. Il nous mène dans son hameau et nous présente à ses deux voisins : deux étrangers, sacs au dos, égarés sans carte dans le secteur, c'est l'attraction de l'année ! Nous en profitons pour demander à nouveau une source, mais le monsieur court remplir notre bouteille à son robinet. Pendant ce temps, les voisins nous indiquent des marques jaune et blanc qui balisent un chemin. Exactement les mêmes que nous avions aperçues en début de rando et que j'avais prises pour des marques de poteaux électriques...Là, il y en a partout, impossible de rater le chemin.
Nous les suivons un moment avant de les voir disparaître dans les bois (quelle surprise !), juste quand nous en avons vraiment besoin. Nous descendons un talweg le long d'une pente douce en herbe, puis rejoignons un chemin dans les bois. Nous en sommes pas étonnés quand celui-ci se volatilise comme les précédents. A force de descendre, nous arrivons au bord d'une rivière derrière laquelle nous apercevons... une route ! Une fois la rivière traversée (à gué),il n'y a plus qu'à suivre la route : elle devrait nous conduire quelque part.Bon, en fait de route, ce sont des plaques en béton qui font bien mal aux pieds. Elle est de plus en plus encaissée au fond d'une gorge, à l'ombre de laquelle des congères perdurent ; ça nous rappelle que - malgré la chaleur - l'hiver est récent, et plutôt rigoureux dans le secteur.
Au passage, nous visitons une grotte aménagée, assez fraîche par contraste avec la chaleur ambiante, nous passons dans d'étroits défilés au bord (voire au-dessus)de la rivière.
Et au bout de la route, il y a ... Gărda de Sus ! Nous y dénichons une cazare, partagée avec des Hongrois, et un resto qui nous sert un dîner "traditionnel" de la montagne.
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